Texte n°3 Depuis mes trente ans, j’ai la redoutable impression que tout s’accélère et que je n’aurais jamais le « temps ». Mes jours les plus sombres me laissent ce goût amer que tout est déjà trop tard, c’est une impasse, vouloir mener un combat contre moi-même et la vie est une lutte déjà inutile.
Trente ans… là encore pour une obscure raison ces mots me sont pénibles à formuler. Comme beaucoup, je vis mal le temps qui passe.
Trente ans… là encore pour une obscure raison ces mots me sont pénibles à formuler. Comme beaucoup, je vis mal le temps qui passe.
Trente ans… Ces deux mots raisonnent dans un effroi. Comme si j’avais revêtu un vêtement trop étroit pour moi, j’ai la sensation de ne pouvoir me mouvoir, que ça me tire, me pique, en un mot ce n’est pas ma taille. Le drame est que je n’ai à peine pu me faire à l’idée d’avoir basculer dans cette troisième décennie de ma vie que déjà voilà l’ombre de mes 32 ans qui m’assaillent, me défient et insultent ma jeunesse et mon insouciance. Que faire à part laisser faire ? Ne pas y penser et faire en sorte d’oublier sa date d’anniversaire ? Fâcheusement, cette date arrive toujours trop tôt avec des gens bien intentionnés, un joli gâteau dans les mains et les trop nombreuses jolies bougies qui vont de paire, comme pour me rappeler les années qui passent et le souffle qui manque un peu plus chaque fois… les sillons s’installent aux coins des yeux, les filets blancs dans mes cheveux, le temps qui passe installe ses outrages… j’ai le vertige si ma pensée s’attarde sur les saisons qui défilent trop vite...
(A suivre texte n°4)
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